Textes Blog & Rock and Roll

05 mai 2014

AFC Rock Radio

logo AFC Rock Radio

Textes Blog & Rock And Roll s'est tu, mais je n'abandonne ma mission d'évangélisation du rock.

Alors pour arriver à mes fins, j'ai créé AFC Rock Radio.

Webradio 100 % amateur (et ça s'entend je sais, mais ça va s'améliorer ), elle diffuse depuis le 1er mai le meilleur du rock et du pop-rock.

Du Lundi au vendredi de 19h à 20h une programmation centrée sur une période précise.

Lundi : 60's

Mardi : 70's

Mercredi : De 2000 à aujourd'hui

Jeudi : 80's

Vendredi : 90's

Le samedi et dimanche de 21h à 23 h : Exclusivement du live.

 

Bientôt des émissions à l'antenne, avec notamment le retour des playlists qui ont fait la gloire de ce blog !

Cette radio a besoin de vous pour vivre et grandir. Si vous voulez faire partie de l'aventure, que ce soit en animant, en faisant de la programmation, du mixage, des jingles, des chroniques, du web...écrivez à afcrockradio@gmail.com ou sur la page Facebook d'AFC Rock Radio.

Faîtes passer l'info à tous vos potes qui ont du goût en matière de musique. Et Rock & Roll !

 

 

 

Posté par Chris Phenix à 09:41 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,


28 septembre 2013

Snapshot - Les Strypes

strypes-snapshot-300x300

Cela fait des décennies qu’on nous annonce que le rock est mort. On va même finir par croire que Nietzsche n’a pas dit « Gott ist tot » mais « Rock ist tot ». Pour être sérieux deux secondes, la première fois qu’on a délivré l’acte de décès du rock’n’roll c’était pour évoquer l’accident d’avion tragique qui couta la vie à Buddy Holly, Richie Valens et à Big Bopper, le 3 février 1959. Voyez ça ne date pas d’hier. ? Ceci dit affirmer que le rock est mort en 59 est une absurdité sans nom. Mais comme vous le savez, les jeunes de nous jours ma brave dame ne savent rien. D’ailleurs leur réponse toute prête à la moindre question concernant un évènement ancien n’est elle pas «  J’en sais rien, j’étais pas né » ? Voilà donc que quatre jeunes garçons venus tout droit d’Irlande ont décidé de monter un groupe de rock alors qu’ils n’étaient même pas adolescents. Même si pour une fois, on n’a pas affaire à un groupe britannique, force est de constater que depuis Cavan en République d’Irlande, on regarde plus du côté de Londres ou des Etats Unis que de Maubeuge. Abreuvés depuis tout petits, c'est-à-dire quasiment avant-hier, par les sons de Docteur Feelgood, des Stones, des Yardbirds ou encore de Chuck Berry ou Bo Diddley, les Strypes sont devenus ces derniers mois les nouvelles coqueluches du petit monde du rock. Les Strypes ont été rapidement désignés comme un groupe de pub rock, ce qui est plutôt drôle quand on considère que ces ados âgés de 16 à 18 ans n’ont justement légalement pas le droit de pénétrer dans un pub.

Les Strypes après deux EP et de déjà très nombreuses prestations scéniques ont été adoubés par, excusez du peu, Jeff Beck, Noel Gallagher, Dave Grohl, Roger Daltrey et Paul Weller. Et ce n’est pas tout, Sir Elton John himself les a signé au sein de sa boîte de management pour défendre leurs intérêts. Voici donc Snapshot, le premier album de ces petits prodiges, qui font déjà passer pour un vieux de la vieille Jake Bugg, 19 ans au compteur et un deuxième LP à venir très bientôt, on en reparlera sur ce blog.

Alors qu’est ce qu’on trouve sur l’album des nouvelles stars ? Du Larsen et un rythme furieusement endiablé pour démarrer avec Mystery Man. Ça groove, la voix est déjà un peu éraillée, on n’a pas du tout l’impression d’avoir en face de nous un groupe de baby rockers. C’est du rentre-dedans, clair, net et précis, quelque chose que semblent incapables les groupes français, notamment ceux dont le nom commence par une double initiale. A peine remis de cette entrée en matière plus que musclée, on enchaîne avec Blue Collar Jane, leur premier grand et mérité succès. La suite du disque est de fort belle facture, avec l’hommage culturel et sincère aux valeureux anciens que sont Willie Dixon et Muddy Waters. Bref on a affaire à des petits mecs de 17-18 ans qui ont déjà une belle culture blues-rock chevillée au corps. Et c’est sans doute ça qui fait la différence avec l’immense majorité des groupes français. De l’autre côté de la Manche on est nourri de musique depuis le biberon, de toutes les musiques. Pour établir un parallèle parlant, en France on écoute Gilbert Montagné, là bas Steve Wonder. Notre plus grande vedette rock c’est Johnny. Tout est dit, Michel.

Mais revenons aux Strypes pour conclure ce billet. Ces gamins ont évidement un avenir brillant devant eux si les petits cochons ne les mangent pas. Ils ont déjà effectué un passage à Paris pour un concert au Point Ephémère en juillet dernier, ainsi qu’aux Eurockéennes de Belfort. Les gamins ont assurés comme des chefs et ont bluffé les sceptiques. Vu leur âge, ils risquent fort de plaire aux ados rockers de chez nous, au moins aux minettes, mais aussi aux vieux de la vieille qui en ont pourtant vu passer quelques uns. Sur TBR&R on a été conquis par ce très jeune quatuor irlandais qui, malgré la rentrée, n’est pas près de reprendre le chemin de l’école. Les Strypes seront en tournée au Japon en octobre et feront la première partie des Arctic Monkeys lors de leur tournée européenne en novembre et décembre. On retrouvera donc les Irlandais au Zénith de Paris les 7 et 8 novembre. Il reste des places seulement pour le 8. Non le rock n’est pas mort, et tant qu’on aura des gamins tels que les Strypes pour reprendre le flambeau, il n’y a aucun souci à se faire pour la suite.

 

Verdict :Jeune et joli coup d'essai

 

Snapshot, The Strypes, chez Virgin EMI Records, sorti le 9 septembre 2013.   

 

 

 

 

 

Posté par Chris Phenix à 21:56 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

13 septembre 2013

Cène de ménage

vendredi13

Ça n’a pas pu vous échapper, aujourd’hui c’est le vendredi 13. Bon même si vous ne lisez pas ce billet aujourd’hui -  ce qui est logiquement impossible puisque vous ne pouvez le lire la veille ou le lendemain du jour où vous le lisez, vous sentez que j’ai très envie de faire mon chieur – vous ne pouvez pas être passé à côté de cette information capitale. Et même si vous arriviez à fermer les yeux avant que le pop up de la Française des Jeux n’apparaisse sur votre navigateur internet, que vous n’écoutiez pas de radio française ou que vous zappiez avant le démarrage de chaque écran pub à la télé, les journalistes sont là pour vous le rappelez. En même temps, Eveline Dhéliat et ses confrères n’ayant plus le monopole de la météo, puisqu’on envoie les journalistes sur le terrain dès qu’il neige ou qu’il y a une rafale de vent, il n’y avait pas vraiment de raison pour qu’on enlève à Eveline Dhéliat le monopole de l’éphéméride. Je n’ai rien contre Evelyne Dhéliat, non du tout. Si je la cite, c’est uniquement une manœuvre éhontée pour faire de l’audience sur mon blog. Vous n’imaginez pas le nombre de types qui se pâment au moindre de ses entrechats, mesurant avec une extrême précision la longueur de ses jupes et la profondeur de ses décolletés. On n’a pas idée à quel point Evelyne Dhéliat est un symbole sexuel dans notre pays. Mais bon passons sur Evelyne. Enfin je veux dire… vous m’avez compris.

Voici donc ce qu’on pouvait voir ce matin sur ITélé. Six heures quarante du mat, on retrouve Jean-Jacques Pechu (les noms ont été changés pour préserver l’anonymat des protagonistes) en direct depuis un bistro du 8ème arrondissement de Paris, avec un micro dans la main droite et son ticket de Loto dans la main gauche. Tout ça pour nous dire qu’on est le vendredi 13 et donc qu’il y a une cagnotte de 13 millions ce soir au loto. Tu parles d’un évènement quand la cagnotte de l’Euromillions démarre à 15 pour ne cesser de grimper, pour parfois atteindre une somme dépassant le milliard de Francs. Mais là c’est une loterie bien de chez nous ma brave dame, aucune chance qu’un perfide Anglais ou un Allemand à sandales (avec chaussettes incluses) nous pique le pactole ! Comme d’habitude, à cet instant précis, je ne peux m’empêcher de penser que Jean-Jacques a dû faire des années d’études pour se retrouver à 6 heures du mat dans un bistro. Parfois je me dis que j’ai bien fait de m’être arrêté avec le bac en poche.

Deuxième réflexion, sachant que le vendredi 13 attire une population nombreuse chez les buralistes, il est fort probable qu’il y ait plus de gagnants potentiels. C’est mathématique. Donc plus de chance, ou de malchance dans ce cas, de devoir partager un éventuel gros lot. Ce qui nous amène à la stupide superstition du vendredi 13. D’ailleurs on n’a jamais vraiment su si le vendredi 13 portait chance ou malheur. Allez demander à un paraskevidékatriaphobe ce qu’il en pense, ou au capitaine du Costa Concordia, ce dernier ayant caressé de trop près un rocher un vendredi 13. Personnellement j’ai tendance à penser que le vendredi 13 est un jour aussi spécial que le mardi 25, voire même, allez j’ose le dire que le mercredi 2. Mais bon admettons que le vendredi 13 porte chance à la moitié de la population et malheur à l’autre. Pourquoi n’y a-t-il pas un joueur sur deux qui remporte la super cagnotte du loto ? Alors oui, ne pas gagner le vendredi 13 est finalement un grand bonheur. C’est tellement évident que je ne vous explique pas pourquoi. Comment ? Vous ne voyez pas pourquoi ? M‘enfin… Pourtant c’est simple. Imaginez que le vendredi 13 vous porte bonheur, vous allez tout guilleret chez votre buraliste pour jouer au Loto. Vous ressortez avec le précieux ticket et vous passez la journée à imaginer ce que vous allez faire avec tous ces millions. Le soir vous rassemblez votre famille devant le petit écran et vous regardez le tirage du Loto. Joie et félicité vous avez les 5 numéros et le numéro complémentaire. La grille parfaite ! Vous envoyez Brigitte chercher la bouteille de champagne, pendant que vous promettez à Kevin d’enfin lui acheter la toute dernière console de jeu. Toute la maisonnée, ainsi que la queue du chien, frétillent. Nancy Sinatra, la présentatrice du Loto s’appelle vraiment comme ça, va dévoiler à la France entière que le billet gagnant a été validé en bas de chez vous. Et là, stupeur et tremblements, Nancy annonce qu’il y a 6 millions de gagnants au premier rang. Chacun remporte donc la somme de 2 Euros et quelques centimes. Et oui, le vendredi treize porte bonheur aux autres aussi. Brigitte revient de la cuisine, elle s’est détachée les cheveux, ivre du bonheur de pouvoir enfin quitter son travail pour se pavaner sur un transat jusqu’à la fin des temps. Elle ne comprend pas pourquoi, la bave aux lèvres, vous convulsez, tenant un couteau, regardant fixement Kévin et le chien, en vous demandant lequel vous allez égorger en premier. Brigitte ayant la chance de vous faire régulièrement à manger, vous avez décidé avec sagesse de l’épargner du massacre qui ne saurait commencer. Déjà là c’est terrible, mais imaginez si vous n’avez ni chien, ni Kévin, ni Brigitte à portée de main (je ne suis pas sûr de l’ordre dans lequel il vaut mieux procéder les exécutions), il est fort probable que vous ne vous lanciez dans une automutilation dont on sait très bien que vos parties charnues ne résisteront pas. Non vous voyez bien que, finalement, ne pas gagner au loto le vendredi 13 est la meilleure chose qui pouvait vous arriver.

Mais nous n’en avons pas fini avec Jean-Jacques Péchu. Revenons dans notre troquet du 8ème arrondissement, Jean-Jacques finit son intervention en promettant à Michel et Florence en studio que s’il empochait la super cagnotte, il démissionnait immédiatement pour partir sur une île déserte. Michel et Florence, plus expérimentés, ont immédiatement interpellés leur direction pour affirmer avec force, que même craqués de thune ils se lèveraient à trois heures du matin pour venir assurer le journal de cinq heures. Bah voyons. Mais bon au moins ils évitent la grosse gaffe de Jean-Jacques, qui ayant sans doute dû se farcir la tournée du patron, ne s’est pas rendu compte qu’il était en train de dire à tous les téléspectateurs qu’il avait un boulot de merde et qu’il serait ravi d’en changer au plus vite. Au revoir, au revoir Président ! Mais là où notre ami Jean-Jacques n’est pas finaud, c’est dans son fantasme. Fantasme il est vrai partagé par la majeur partie de ses congénères : le coup de l’île déserte.  Encore que je dis la majeur partie des Français, mais ça doit être réservé à ceux qui habitent les grandes villes. Le type qui habite dans la Nièvre ne rêve pas de vivre sur une île déserte, il y habite déjà ! Ah bah je m’excuse mais quand il faut prendre sa voiture pour aller prendre l’apéro chez le voisin… Donc dégénérés d’urbain que nous sommes, nous rêvons généralement d’île déserte. D’ailleurs la question récurrente « quels livres/disques/film/objets emmènerais-tu sur une île déserte ? » illustre parfaitement  mon propos. Ce qui est complètement con puisqu’il y a fort à parier que sur une île déserte il n’y ait ni électricité, ni eau courante, ni chauffage. Il n’y a qu’à voir dans quel état se retrouve rapidement les candidats de Koh Lanta, enfin ceux qui survivent plus de quelques heures, pour se rendre compte que la vie dans la nature n’a rien de féérique. Sur une île déserte il n’y a rien et surtout personne. C’est un peu le concept de l’île déserte. Alors Jean-Jacques, toi qui as fait des études, j’ai une question à te poser. Qu’est ce que tu foutrais de tes millions sur une île déserte si tu ne peux pas les donner à qui que ce soit pour acheter des biens ou des services ? J’ai bien une idée, je suis sympa, je te donne la solution, mais je ne sais pas si elle va te plaire, et je vais encore passer pour un type vulgaire :

 

papier-toilette-billet

 

Posté par Chris Phenix à 20:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

04 septembre 2013

La Muraille de Lave , Arnaldur Indridason

Arnaldur-Indridason-La-muraille-de-lave1

 

     Avant de chroniquer La Muraille de Lave, je dois vous avouer que ma sénilité se développe à grand pas. Ce qui enlèvera sans doute beaucoup de crédit à ce qui va suivre. Alors voilà, ce n’est qu’après avoir terminé de lire ce roman d’Arnaldur Indridason, que je me suis rendu compte que je l’avais emprunté à la bibliothèque alors que je l’avais acheté quelques semaines plus tôt. Non je ne l’avais pas déjà lu, faut pas déconner non plus. Sénile certes mais pas (encore tout à fait) Alzheimer.

     Le commissaire Erlendur, héros habituel d’Indridason, est en vacances. Ses acolytes Elinborg et Sigundur Oli sont chacun de leur côté occupés sur une enquête. La Rivière Noire narrait la façon dont Elinborg s’attachait à retrouver un meurtrier. Vous l’avez deviné, ici c’est Sigundur Oli qui est au cœur de l’intrigue. Cette fois pas de cadavre dès le départ. Sigundur Oli est contacté par un ami dont la belle sœur a des soucis. Alors qu’elle devient de plus en plus influente sur le plan politique, son couple est soumis à deux maitres chanteurs croisés lors d’une soirée échangiste. Sigundur doit aller raisonner les indélicats, mais au moment même où il leur rend visite une femme est tué dans l’appartement. Parallèlement à ce meurtre, un certain Andrès, croisé dans une aventure précédente se fait vengeance et cherche à soulager sa conscience auprès du collègue d’Erlendur.

     Situation pas simple pour Sigundur Oli qui se retrouve en plein cœur d’une affaire à laquelle des amis sont peut-être mêlés, dans le même temps il s’interroge sur la nature de la relation (terminée) entre ses parents, alors que lui-même tente de recoller les morceaux avec Bergtora. Sans l’avoir présagé une seconde, Sigundur va devoir serpenter dans le milieu de la finance islandaise, alors en pleine hystérie. Quand on sait ce qui est réellement arrivé à l’économie Islandaise, les banques se sont écroulées avant d’être nationalisées, le pays tout entier a failli être déclaré en faillite totale, on ne s’étonne pas qu’Indridason se soit servi de La Muraille de Lave pour livrer un pamphlet contre ceux qui ont conduit ce petit pays à la banqueroute.

    Comme d’habitude avec les polars d’Indridason la psychologie est plus importante que l’action en elle-même, bien que moins flagrante que lorsqu’Erlendur est dans le coin. On ne peut que saluer la très bonne idée d’Indridason de laisser souffler son héros pour mettre dans la lumière ses deux collègues, aux caractères très différents. Et comme d’habitude, je vous conseille de vous jeter sur ce roman. Vérifiez quand même avant d’aller l’acheter, que vous ne l’avez pas déjà.

 

     Verdict : Argent trop cher.

 

      La Muraille de Lave, écrit par Arnaldur Indridason, publié chez Métailié, sorti en 2009 (en 2012 en France)

 

 

Posté par Chris Phenix à 20:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

18 août 2013

Petit Dictionnaire Amoureux Du Rock - Antoine De Caunes

1507-1

 

 

 

Antoine De Caunes n’est plus un enfant (du Rock) depuis très longtemps, on peut même considérer que ce double « fils de » et triple « père de » pourrait bientôt prétendre à la carte Vermeil, néanmoins en dévorant ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock, je n’ai jamais eu le sentiment de lire le témoignage d’un vieux con. Bien que l’auteur eut le sentiment de porter ce costume à (sans doute plus d’) une reprise dans sa vie. Mais passé un certain âge, disons quand votre progéniture n’a plus besoin de vous pour se laver et se torcher le cul, on devient tous le vieux con de quelqu’un. Et pour d’autre, ça arrive même avant d’avoir dépassé l’âge de la majorité. Mais revenons à ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock. Il y a tromperie sur la marchandise ! Enfin, seulement à moitié. En effet cet ouvrage commis par l’interprète inoubliable de Didier Lembrouille, n’est ni petit, on frôle les 600 pages, ni vraiment un dictionnaire, par exemple il n’y a aucune occurrence à la lettre F, alors que bon, Fleetwood Mac, Frankie Goes To Hollywood, Foo Fighters, Frankie Vincent… Par contre pour le côté amoureux et rock, aucun souci, on est en plein dedans.

Monsieur Antoine est entré en religion il y a bientôt un demi-siècle en assistant à un concert des Beatles à l’Olympia. Nul n’est parfait. Il a vu la lumière et a parcouru le monde, avec un bonheur non dissimulé et quelques apôtres tout ce qu’il y a de plus recommandables, pour assouvir une passion beaucoup plus agréable que celle du Christ, qui avec son « Aimez vous les uns les autres » a inspiré le « Let Love Rule »  de Lenny Kravitz, soyons en certains. Bon vous me direz Lenny a été inspiré par à peu près tout le monde. Mais ne jetons pas la pierre sur ce brave Lenny. Après une brève carrière de batteur, motivé mais raté (et vice-versa), puis de voleur de disques, je parle d’Antoine De Caunes, pas de Lenny Kravitz, voilà que notre homme est entré dans le monde de la presse rock (sous tous ses formats). Plus besoin de planquer les trésors de l’époque sous un large pull, voilà maintenant qu’on les lui donnait avec plaisir, et en plus on le payait pour organiser des concerts télévisés et interviewer ses héros. Bien plus qu’un dictionnaire comme je l’évoquais plus haut, c’est plutôt un recueil de souvenirs de la longue et fructueuse carrière d’Antoine De Caunes que ce livre rassemble. Si d’après l’auteur la sainte Trinité est composée de Dylan, Lennon et Bruce, il n’est pas toujours question d’artistes immensément connus. Parfois même, des chapitres ont pour héros son beau-frère, un biker spécialiste dans l’art de la mandale ou du coup de boule en toute décontraction, et bien sûr sa pomme, et pas que dans les meilleures circonstances.

Ne cherchez pas dans ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock de quoi accroître votre culture musicale, même si, je l’avoue humblement, il y a dans le lot pas mal de gens cités dans ce livre dont j’ignorais (et ignore encore) totalement l’œuvre, voire même leur existence avant d’avaler ces 600 pages de pur allégresse rock and roll. Non, l’objectif de Monsieur Antoine était de nous faire partager son bonheur d’avoir épousé la cause du Rock and Roll au milieu des années 60, et de nous faire entrer un peu plus près, en plein dans les coulisses de ce qui est devenu plus du business qu’un show, ne nous voilons pas la face. De plus Antoine De Caunes réussit la performance, digne du plus grand des équilibristes, d’évoquer toutes ces idoles, ces icônes de la culture rock sans tomber dans l’admiration béate. Tout le monde a ses coups de moins bien, et personne ne peut éternellement être et avoir été. A part Bruce bien entendu.

L’été n’est pas encore terminé, et je ne saurais que trop vous recommander de vous jeter sur ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock, de vous installer dans un transat, vous préparer quelques litres de votre boisson favorite, et de lancer votre play-list préférée pour passer de joyeuses et délicieuses après-midi tout ce qu’il y a de plus enamourées et rock and roll.

 

Verdict : Houba Houba !

 

Petit Dictionnaire Amoureux Du Rock, écrit par Antoine De Caunes, éditions Pocket (version condensée de l’originale publiée chez Plon en 2010), sorti en juin 2013

 

 

Posté par Chris Phenix à 11:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


01 août 2013

Jim Morrison - Jean Yves Reuzeau

Jim-Morrison-Biographie-de-Jean-Yves-Reuzeau

Les Doors sont un des plus grands groupes de l’âge d’or du Rock and Roll, et Jim Morrison, son charismatique chanteur, l’une des trois ou quatre icônes les plus représentatives de cette musique. Après cette introduction d’une évidence confondante, que savais-je à propos du Roi Lézard? Quasiment rien ou presque. Qu’il est mort à Paris et enterré au Père Lachaise, qu’il est un des éminents membres du club des 27 et qu’il provoquait, et provoque encore, un effet semblable dans les culottes des jeunes filles qu'un gros orage dans le Sud. Mais à part ça… Alors certes  j’ai quasiment tous les albums des Doors, mais, si j’adore leur musique, je n’ai pas une culture encyclopédique de chaque titre, et je serai bien incapable d’en nommer les deux tiers en les entendant. Après avoir dévoré il y a quelques années la biographie de Janis Joplin écrite par Jean-Yves Reuzeau, j’ai voulu en savoir plus sur Jim Morrison, toujours grâce au même auteur.

Dans le premier chapitre, basé sur les vingt premières années, on comprend à peu près tout du personnage Morrison, ce qui l’anime, ce qu’il rejette et son désir d’écrire. Parce que plus qu’un chanteur exceptionnel, c’est en poète que James Douglas Morrison aurait voulu être reconnu. Son obsession jusqu’à la fin de sa vie aura été de faire publier ses poèmes, de les enregistrer, de devenir un Rimbaud ou un Oscar Wilde des temps modernes. Il y est au moins parvenu dans sa dernière demeure, puisque Wilde et Morrison sont aujourd’hui à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre au Père Lachaise. Puis à partir de 1964, chaque chapitre se consacre à une année civile, jusqu’à la fin tragique du 3 juillet 1971.

Rien de particulier à dire sur le travail de Reuzeau, si ce n’est qu’il semble être de fort belle facture. Les sources sont nombreuses, les faits relatés avec objectivité et clarté, nous ne sommes pas là dans une hagiographie de Jim Morrison. Et finalement qu’est ce qu’il m’en est resté de la vie de Jim Morrison ? Comme tout un chacun l’enfance a forgé un homme qui vécut toujours sur la corde raide. Entre ses multiples déménagements dus aux affectations de son militaire de père, une expérience mystique qu’il pense avoir vécu à l’âge de trois-quatre ans, et une époque qui a vu la jeunesse détruire la vielle société, Morrison ne pouvait pas devenir un homme stable. Il est devenu une légende du rock, a consommé les femmes, beaucoup, l’alcool et les drogues, trop, et entre les deux écrit quelques un des hymnes de toute une époque.

Est-ce que Jim Morrison était un être extraordinaire ? Oui, évidement, si on prend le sens littéral du mot. Etait-ce quelqu’un d’exceptionnel ? Je ne crois pas. Voilà ce qui me reste après les 400 pages de cette très bonne bio. On a le sentiment d’un immense gâchis, d’un type qui manifestement avait un talent incroyable, mais qui a finalement tout gâché en passant plus de temps à se détruire (sans doute de manière sassez consciente et délibérée) qu’à créer. Parfois il ne vaut mieux pas connaître vraiment les gens qu’on admire. Mais reste la musique des Doors, le chant et le charisme de Jim Morrison, c’est finalement tout ce qui nous importe. La légende est belle, l’histoire un peu moins, mais après tout c’est aussi ça le rock.

 

Verdict : Grandeur et décadence

 

Jim Morrison, écrit par Jean-Yves Reuzeau, éditions Folio, publié en 2012

 

Posté par Chris Phenix à 23:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

24 juillet 2013

Springsteen & I

Springsteenandi

 

               Ce blog était en train de mourir de sa belle mort. Deux mois dans le coma, ce n’est généralement pas bon signe. Textes Blog et Rock & Roll était sur un brancard au beau milieu des Urgences quand un électrochoc très puissant le sortir de son état végétatif.

                Lundi 22 Juillet, c’était une sorte de Springsteen Day. Dans 50 pays, et uniquement ce jour là, était projeté dans plus de 2000 cinémas le film Springsteen & I. En novembre dernier, Baillie Walsh, le réalisateur, et Ridley Scott, le producteur, lancèrent un appel aux fans du Boss. Springsteen 1 I est un documentaire participatif dans lequel Bruce Springsteen est raconté au travers du regard et des anecdotes de parfaits inconnus. Ici pas question de raconter l’histoire et la vie de Springsteen, mais plutôt de ce que Bruce et à sa musique apportent aux gens qui l’écoutent.

                Comme dit souvent Eric Laforge, animateur sur Classic 21 qui est en bonne position  devenir le 2ème plus gros fan de Bruce du monde francophone derrière Monsieur Antoine,  « il y a deux sortes de gens : les fans de Springsteen et ceux qui ne l’ont jamais vu en concert ». Et dans ce film il y a ceux qui racontent des anecdotes qui se sont déroulées pendant les shows du Boss, on pense tout de suite à la fausse Courtney Cox, au sosie d’Elvis, au type qui s’est fait larguer la veille, et puis ceux qui expliquent à quel point la musique de Springsteen leur apporte la force pour continuer d’avance, notamment cette jeune camionneuse surdiplômée qui a autant besoin de gasoil pour son truck que d’Atlantic City pour faire la route. Springsteen est une voix qui compte énormément aux Etats Unis depuis des décennies, il s’est toujours fait l’écho du peuple américain, sans donner l’impression d’avoir basculer dans un autre monde avec le succès. Les gens le ressentent et Bruce leur apporte énormément d’espoir, de chaleur et de joie. C’est tout cela que raconte le film où les témoignages se succèdent, tantôt avec beaucoup d’humour, tantôt avec de l’émotion (parfois même on tombe dans le pathos avec  ce type qui se met à pleurer au volant de sa voiture en évoquant Springsteen, ce qui bizarrement a beaucoup fait rire les gens dans la salle, faudra quand même m’expliquer en quoi c’était drôle, fin de la parenthèse), mais toujours avec un recul qui exclue tout hystérie dans les propos. A aucun moment on ne voit de fans ultimes qui rivaliseraient chacun avec les autres pour savoir qui a vu le plus de concerts ou possède le plus d’objets à l’effigie du Boss. Non ce ne sont que des gens normaux qui se sont fait happés à un moment de leur vie par Springsteen et qui évoquent leur rapport à cet homme. La plupart d’entre eux sont même très attachants et sont les vraies vedettes de ce film, je pense particulièrement au type qui n’aime pas le Boss mais qui le subit par amour de sa femme, à John le jardinier de stade de Copenhague, ou encore le faux Elvis.  

                Springsteen & I est évidement un film à voir pour tous ceux qui aiment Springsteen, que ce soit sa musique ou le personnage, parce qu’en chacun des témoignages qui se succèdent, on retrouve une part de nous même. Et c’est aussi un film à montrer à tous ceux qui ne connaitraient pas encore ce bonhomme, afin qu’ils comprennent un peu ce qu’on ressent. Pour illustrer le film, on retrouve également des vidéos d’archives captées en concert, et notamment un Born To Run au fil des années qui est un des moments forts de Springsteen & I, la sono du cinéma aidant à rendre toutes les parties musicales exceptionnelles. Ceux qui sont partis à la fin du film, comme Bernard de La Villardière assis quelques rangs à ma gauche, j’aurais bien fait quelques remarques faciles à son encontre, mais un homme qui aime Bruce ne peut pas être totalement mauvais donc je m’abstiendrai, ont raté 35 minutes de la prestation de Bruce et du E Street Band l’année dernière à Hyde Park (et la coupe de cheveux ridicule de Paul McCartney), ainsi qu’un épilogue particulièrement réussi au cours duquel quelques personnages du film rencontrent Springsteen à l’issue d’un concert.

                En toute logique, le film devrait sortir en DVD à l’automne, ce sera alors l’occasion d’une séance de rattrapage pour ceux qui auraient manqué l’évènement, ou qui n’aurait pas eu la chance d’avoir une salle de diffusion proche de chez eux. Pour ma part, et comme je suis un missionnaire du rock and roll, je m’empresserai de partager Springsteen & I à Madame Phénix et mes filles.

 

                Verdict : Vox populi vox Springsteen.

 

                Springsteen & I, réalisé par Baillie Walsh, diffusé en salle le 22 juillet 2013.

 

 

Posté par Chris Phenix à 14:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

23 mai 2013

Quart d'heure de gloire

self-pic-fail


     Le 10 mars 1997, au cours d’un brainstorming au sein de la société de production Endemol, quelqu’un a eu une idée qui va bouleverser le monde. S’inspirant du roman 1984 de George Orwell, un nouveau type de jeu va être inventé. On l’appellera Big Brother dans de nombreux pays, Loft Sory en France. Vous connaissez tous le principe, je ne vais donc pas vous le rappeler. Tous ceux qui sont majeurs aujourd’hui se souviennent de la ferveur et l’engouement qu’a provoqué Loft Story en débarquant sur M6 en 2001. Moi-même, pourtant très peu téléphage et carrément réfractaire à ce genre de programmes, j’ai suivi attentivement pendant des semaines les aventures de Loana, Jean Edouard, Steevie, Aziz, Kenza et les autres. Pour l’anecdote c’est au cours d’un des primes de Loft Sory que Jean-Claude Van Damme a révélé aux yeux de la France entière ses talents de philosophe. Mais revenons à nos moutons. Ce premier Loft Story avait pour lui l’immense qualité d’être le premier dans son genre et incarnait une vraie nouveauté. Les candidats éliminés n’avaient vraiment aucune idée de la popularité de l’émission et devenait de vraies vedettes dès leur élimination du jeu. On leur proposait des contrats publicitaires, de devenir animateurs télé, on leur a fait enregistrer des disques, et si mes souvenirs sont bons, ils ont même monté les marches à Cannes (symbole glamour ultime de la starification, enfin selon les codes des médias). Loana est devenue une icône pour deux raisons assez simples : primo elle était blonde et pas trop mal foutue, deuxio elle avait baisé dans la piscine. Rien de plus. La porte venait de s’ouvrir et elle ne se refermerait plus. De Loana à Nabila rien n’a vraiment changé. Nabila est aujourd’hui un phénomène parce qu’elle a des gros (faux) seins et qu’elle n’a pas inventé l’eau chaude, pour être polie.

     Heureusement pour nous, ces célébrités font le devant de la scène pendant quelques mois, le temps qu’une autre émission démarre avec son lot de nouvelles vedettes en puissance.  En revanche, la descente peut être brutale pour les principaux intéressés. Loana a connu bien des déboires de santé (là encore doux euphémisme) et au moins un ex-candidat s’est suicidé par la suite. Ce qui n’empêche pas année après année de voir arriver de plus en plus de candidats à la célébrité, tels des moustiques attirés par la lumières. Ils ne devraient pas oublier que bon nombre d’insectes finissent grillés contre la lampe.

     Mais il n’y a pas que la télé qui fabrique ce phénomène poussant de plus en plus de gens à vouloir devenir célèbre. Internet a fait exploser cette envie auprès des jeunes. Il est important de remarquer que les générations précédentes voulaient devenir pompier, médecin, maîtresse d’école, vétérinaire, explorateur ou même sportif de haut niveau, alors que maintenant, la profession la plus à la mode c’est « être connu ».  On ne rêve plus d’avoir un talent ou une utilité, non on veut être connu. Pour schématiser, le modèle à suivre ce serait Paris Hilton. Réussir sa vie, ce serait ne rien faire, n’avoir aucun talent et être riche, ou en tout cas avoir une vie de millionnaire. Cette transformation de notre société ne serait pas si inquiétante (affligeante ?) si elle n’avait pas amené avec elle son lot de perversité et de violence.

     La multiplication des médias a engendré une escalade dans le sensationnalisme, et la célébrité s’acquiert à grand renforts de surenchères. Ça passe par les sextapes (pas bien grave en soi), les combats de rues, les snuffmovies (coucou Luka Magnotta), les suicides mis en scène sur le net (ou dans les lieux publics mais j’y reviendrai),  ou les vidéos montrant de manière très crue (et donc violentes) certains évènements. Alors il faut bien sûr différencier ce qui relève de l’information et du message politique, et de la recherche de la gloire éphémère. Même si bien sûr on ne peut pas comparer les méthodes d’une bloggeuse mode sur Youtube et le dépeceur de Montréal, la finalité est la même. Etre connu, devenir une vedette. Lorsqu’un homme va se suicider dans une école, c’est plus pour mettre en scène sa propre mort dans le but d’y récolter un peu de gloire posthume. Aller se foutre une balle dans la bouche en plein cœur de Notre Dame, filmer une sévère répression en Syrie, c’est d’abord pour faire passer un message, pas pour devenir une starlette.

     L’avancée technologique des smartphones a transformé nos vieux portables en véritables caméras et appareils photos. On ne vit plus l’évènement pleinement, on y assiste par procuration derrière l’écran de son portable. L’important n’est plus de profiter d’un concert, d’un match de foot, de ses vacances, d’une soirée entre amis, mais de dire « j’étais là ». Sous entendu, pas vous bande de nazes, adorez moi je suis une star.  Grace à Tweeter, Youtube et Instagram tout le monde peut se prendre pour Albert Londres, Spielberg ou  David Hamilton, et surtout croire qu’il en a le talent.

     Hier à Londres, deux hommes en ont massacré un troisième, en pleine rue et en plein jour. Une véritable boucherie, ils y sont allés au couteau et à la machette. Le pauvre malheureux a été éventré, décapité, une horreur. Mais le pire, à mon sens, et pourtant on est déjà à fond dans le sordide, survient après. Les deux meurtriers haranguent les passants afin que ceux-ci les filment avec leur portable. C’est ainsi que ce matin, sur ITélé, on pouvait voir un homme, les mains ensanglantés, une machette à la main, revendiquer son geste et expliquer ses motivations. Il avait l’air assez calme, déterminé, son discours semblait avoir du sens, on peut bien sûr être en total désaccord avec ses motivations et convictions, mais je veux dire, ce n’est pas parce qu’on est un terroriste qu’on est fou. Que cet homme veuille faire passer son message c’est on ne peut plus logique puisque son crime avait une connotation idéologique, ça je le comprends tout à fait. Mais qu’un quidam ait filmé ce meurtrier avec son portable je trouve ça dingue. A la limite elle est là, la folie. Beaucoup plus que dans le fait d’étriper un type à mains nues. Je ne sais pas pour vous, mais si en marchant dans la rue, je tombe sur deux types qui en tuent un autre à coups de machettes, je prends d’abord mes jambes à mon coup, et ensuite je préviens les flics. Je ne suis pas journaliste, je ne reste pas dans le coin à filmer la scène. Et encore moins les revendications du meurtrier armé de sa machette et les mains pleines de sang de la victime. Pourquoi cette personne a filmé ce type si ce n’est pas pour récupérer un peu de gloire, pour pouvoir dire « t’as vu, j’y étais, je mérite d’être connu » ?

     Big Brother a ouvert la boîte de Pandore en offrant la possibilité à des gens, qui ne gagnaient pas à être connus, de devenir des vedettes. Avant ce jeu, les 99% des célébrités, je ne parle pas des héritiers, faisaient quelque chose, que nous apprécions ou non leur talent, ils avaient fait quelque chose pour accéder à ce statut.  Aujourd’hui ont mis le pied dans la porte des gens qui ne font rien, et pire que ça, sont reconnus plus pour leur incompétence justement (ne pas savoir quand a eu lieu une guerre mondiale par exemple), que pour un savoir-faire. Signe annoncé de la décadence de notre société ou accession du prolétariat à la noblesse du vedettariat ? Vous avez trois heures. En attendant je vais tenter de créer le buzz en me petitsuissidant sur Youtube.

 

 

 



Posté par Chris Phenix à 11:59 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

05 mai 2013

No Bajarán

Pott Spot-Che Guevara

 

La France s’embrase. Mélenchon lance ses troupes à l’assaut de la Bastille pour nous refaire un énième remake (raté) de 1789. Frigide Barjot se transforme en Don Quichotte pour sauver une conception religieuse du mariage qui a vécu. Le texte légalisant le mariage pour tous a été adopté par le Parlement, le Conseil Constitutionnel ne devrait pas invalider cette loi, ou alors ceux qui ont lancé cette procédure législative sont encore plus incompétents qu’on pouvait l’imaginer, et en matière de nullité il ne faut jurer de rien avec nos hommes politiques. Enfin, après une bataille de plusieurs mois, que ce soit à l’Assemblée Nationale ou dans la rue, bientôt on pourra se marier avec quelqu’un du même sexe. Je parle de genre et non de taille bien sûr. Bref toutes ces manifestations anti-mariage pour tous ne servent à rien. C’est d’ailleurs assez drôle que dans notre pays des Droits de l’Homme, dans notre pays si prompt à donner des leçons de démocraties, à se gargariser d’être un pays de décapiteurs de rois, on n’arrive pas à comprendre le principe de base de la démocratie. Au Royaume-Uni, cette monarchie qui nous fait tant rire avec ses vieilles baronnes fluo, ses nobles à perruques et ses traditions ridicules, voilà à peu près comment le mariage homo a été adopté. On a rassemblé les élus et on leur a posé la question suivante : Alors les gars, on en discute un peu et on vote ensuite ? Pour, pour, contre, pour, pour, contre et toi là bas ? Pour aussi. Ok on prend un papier, on additionne les voix et hop adopté. Vachement compliqué hein ? On va encore passer pour des cons aux yeux du monde entier, mais faut dire qu’on cherche.

Mais tout ça, ce n’est rien à côté de ce que j’ai décidé de décréter grande cause nationale 2013. Parce bon, ok, moi je veux bien que les femmes gagnent autant que les hommes à poste égal, je veux bien partager les tâches ménagères, je suis même pour qu’on autorise les femmes à passer le permis de conduire, mais il y a des limites à ma sympathie pour la gente féminine. Et qu’on ne me traite pas de phallocrate, je veux dire, ma propre mère était une femme, enfin je crois, alors hein bon. J’ai même poussé le vice à épouser deux femmes (pas en même temps faut pas déconner non plus), oui je sais à l’époque on n’avait pas le choix, et à faire trois filles. Les mauvaises langues vous diraient que je les ai gardées uniquement parce que mon congélateur n’était pas assez grand. C’est de la pure calomnie. D’autant plus que la Seine n’était jamais loin et qu’il existe des sacs poubelles de très bonne qualité pour… enfin bref je m’égare.

Depuis des décennies les femmes portent des revendications légitimes ayant pour but de faire avancer leurs droits. Petit à petit, des barrières tombent, mais il existe encore des valeurs sûres qui réunissent les femmes contre leur ennemi intime : l’Homo Cretinus Bourrinus. Pourtant cette récrimination ne date pas de la nuit des temps. Et c’est sans doute une des caractéristiques principale de la Femina Domestica : toujours trouver un truc nouveau pour nous emmerder. Avant 1595, aucun homme n’aurait eu à subir ce courroux dont nous sommes tous les victimes. Et pourtant cette affront permanent, cette guerre qui oppose les deux sexes depuis plus de 400 ans, c’est bien un homme qui en est le responsable. Messieurs, une bordée d’injures pour Sir John Harrington. Bouuuuuh ! Car ce diable d’Anglais, car évidement quand un truc ne va pas c’est souvent à cause d’un Anglais, ce diable d’Anglais donc est l’inventeur des toilettes avec chasse d’eau. Avant, on faisait ses besoins dans un pot de chambre et on balançait le tout dans un coin. Et ça, c’est quand on était propre, sinon on faisait dans un coin, à l’intérieur même de la bâtisse. Il est de notoriété publique qu’au temps de Louis XIV, tout le monde se soulageait n’importe où dans le Palais de Versailles. Non je n’ai pas dit dans les jardins, mais dans le Palais. Il faut dire que la démocratisation des toilettes modernes a mis un temps fou à se faire.

Et donc depuis des décennies, nous, les Homo Cretinus Bourrinus, on a tous entendu un jour « Mais bordel de merde tu fais chier, t’es vraiment qu’un gros porc, tu pourrais baisser la lunette non ? C’est trop te demander ça ? Tu ne me respectes pas ! ». Connard peut être ajouté, en tout cas il est toujours sous-entendu. Après cette triade virulente, d’ailleurs ni en rime, ni en alexandrins, il flotte dans l’air tel un nuage noir prêt à exploser sous l’effet de la foudre. Bon d’accord, il arrive souvent que l’Homo Cretinus Bourrinus ait quelques petits problèmes de visée, mais comme disait le grand philosophe Michel Platini, un centimètre d’écart au départ ça peut faire un mètre à l’arrivée. Oui forcément, Mesdames vous ne pouvez pas comprendre. Alors Ok, j’admets, et on en est tous conscients, il nous arrive parfois de rater la cible de quelques centimètres, comme disait un de mes meilleurs amis qui était sodomite. Mais baisser la lunette, je le dis haut et fort, nous ne céderons pas. Jamais.

Mais ce n’est pas pour vous enquiquiner, oh non pas du tout, c’est juste parce que nous sommes des adeptes de la parité homme-femme, de vrais gentlemen en quelque sorte. Mais ça, visiblement, la parité, c’est un peu quand ça vous arrange. Et puis c’est juste une question de bon sens. Elevons le débat si vous le voulez bien et prenons deux cobayes, que nous appellerons Jean-Jacques et Brigitte.  Jean-Jacques est un Homo Cretinus Bourrinus de base, et après quatre bières, ressent une envie pressante et va donc se soulager aux toilettes. Il soulève la lunette, parce qu’il en a marre de se faire engueuler par Brigitte pour trois malheureuses gouttes d’urine malencontreusement déposées sur la rondelle en plastique, d’autant plus que c’est un très bon antiseptique, m’enfin bref passons. Jean-Jacques fait sa petite affaire, tire la chasse d’eau et repart très fier de lui d’avoir tout mis dans la cible. Brigitte ayant fini sa vaisselle, décide à son tour d’aller pisser. Ulcérée, elle trouve la lunette levée, crie sur son partenaire, baisse la lunette et fait ce qu’elle a à faire. Ce qui fait un mouvement de lunette pour chacun de nos deux cobayes. Mouvement qui a l’air surhumain pour la Femina Domestica, puisqu’il provoque une montée d’adrénaline chez elle, la poussant quasiment à l’hystérie. Et il faudrait donc que ce pauvre Jean-Jacques, et à travers lui tous les Homo Cretinus Bourrinus, accomplissent deux fois ce geste à chaque fois qu’il faut faire pleurer le Colosse ? Allons Mesdames ce n’est pas très juste, pas très équitable et égalitaire. Cette démonstration scientifique prouve par A + B que si nous ne rebaissons pas la lunette des toilettes, c’est juste pour vous aider dans votre juste et noble combat devant nous amener un jour à l’égalité entre les Hommes et les Femmes.

Et puis bon, on nous a toujours appris que les Femmes étaient des Princesses qui ne faisaient ni pipi ni caca. Si vous avez besoin d’aller aux toilettes c’est que vous n’êtes pas une Princesse, donc vous pouvez bien baisser cette putain de lunette toute seule ! Donc 2013 doit immédiatement être décrétée par l’ONU Année Internationale du Non-Baissage de la Lunette des Toilettes et de l’Arrêt Immédiat des Récriminations Faîtes aux Hommes. Pour défendre nos droits, j’organise une manifestation qui partira de Cambronne pour rejoindre Javel le mercredi 8 mai. Venez nombreux !

Ouais, enfin moi, je dis ça, mais à la maison, je pisse assis.

Posté par Chris Phenix à 22:39 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

23 avril 2013

Les Gamins

lesgamins

 

     Thomas (Max Boublil) est musicien, il joue de la guitare dans les mariages pour gagner sa vie. C’est au cours d’une noce qu’il croise Lola (Mélanie Bernier). C’est le coup de foudre et au bout de quelques mois Thomas demande Lola en mariage. La jeune fille va alors présenter Thomas à ses parents. Suzanne (Sandrine Kimberlain) est très branchée écologie, nourriture bio improbable, aide humanitaire aux pays en difficulté et a la fâcheuse habitude de ne jamais terminer ses phrases. Gilbert (Alain Chabat) déprime depuis des mois sur son canapé et s’emmerde comme un rat mort depuis qu’il a vendu sa société. Lorsqu’il apprend que sa fille va se marier, il va tout faire pour dissuader Thomas d’épouser sa fille. Gilbert ne supporte plus la routine dans laquelle il se sent emprisonné et ce projet de mariage va provoquer un déclic chez lui. C’est décidé, Gilbert veut se barrer pour s’éclater comme un jeune homme et va embarquer Thomas dans sa crise de la cinquantaine.

      Les Gamins c’est la comédie à voir en ce moment. Le duo Alain Chabat – Max Boublil fonctionne parfaitement, et pourtant Boublil ce n’est pas vraiment ma came, les dialogues sont au petits oignons, les situations burlesques et les personnages secondaires sont délirants. Mention spéciale au dictateur iranien et au dealer ado bourgeois. Boublil est le co-auteur du film et il a écrit le rôle de Gilbert en pensant à Chabat, sans savoir si celui-ci allait accepter de faire le film. Et c’est vrai que ce rôle est du sur mesure pour le chef des Nuls, tant on imagine Chabat dans la vie faire le con avec autant de naturel. Cette comédie aurait pu atteindre le statut de film culte si la morale n’eut été sauve à la fin du film, avec le retour au bercail des deux mecs. C’était bien la peine d’être un peu rock and roll et transgressif au début pour finir par ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Malgré tout ça vaut vraiment le coup de se précipiter dans votre cinéma favori pour aller voir les Gamins. Toutefois n’y allez pas avec des enfants, ce n’est pas du tout une comédie familiale. Je ne veux pas faire ma chochotte mais assister à une scène de masturbation à côté de l’Ainée, j’ai trouvé ça limite. Pour finir sur une bonne note, tout de même, la bande son est assez bien foutue, avec en guest star de choix Iggy Pop.

 

     Verdict : La grande évasion.

 

   Les Gamins, réalisé par Anthony Marciano, avec Alain Chabat, Max Boublil, Sandrine Kimberlain, Mélanie Bernier, sorti le 17 avril 2013

 

 

Posté par Chris Phenix à 15:34 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,