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    Un homme est retrouvé égorgé chez lui, à proximité du centre ville de Reykjavik. L’arme du crime est introuvable, apparemment il n’y a eu ni lutte ni effraction. Un châle retrouvé sous le lit de la victime indique la présence d’une femme sur les lieux du crime au moment de la mort de Ranolfur. Un détail attire l’attention des enquêteurs : des cachets de Rohypnol, la drogue du viol, sont retrouvés dans la poche du macchabé et les analyses montrent qu’il en a absorbé. Erlendur en vacances dans l’Est, c’est Elinborg, son adjointe et cuisinière émérite, qui va prendre en charge cette enquête au cours de laquelle son flair va être déterminant.

     Indrisason s’attaque en profondeur au thème du viol et de ses conséquences. Il faut savoir qu’en Islande le viol n’est en général passible que d’une peine très faible au regard de la nature du crime commis. Un agresseur sexuel s’en tire souvent avec un an et demi ou deux ans de prison ferme. Il semblerait que la société islandaise soit assez en retard à ce niveau. Possible qu’Indridason, qui est une célébrité dans son pays, ait voulu faire avancer les mentalités à ce sujet. Dans La Rivière Noire, les recettes appliquées par l’écrivain islandais sont toujours les mêmes. On s’attache beaucoup à la psychologie des personnages, et cette fois ci on apprend à connaître davantage Elinborg, avant sans doute un épisode centré sur Sigundur Oli. Ce n’est sans doute pas anodin de la part d’Indridason d’avoir fait d’Elinborg l’héroïne d’un roman traitant du viol. C’est une femme, une mère de famille dans une société qui ne semble pas prendre en compte la souffrance des victimes de crimes sexuels et de leurs familles.

    Comme d’habitude avec Indridason,  nous sommes en face d’un très bon roman, et, même si le solitaire et bourru Erlendur nous manque, Elinborg remplace avec brio son supérieur hiérarchique. On suit avec la même envie le déroulement de l’enquête et la vie quotidienne d’une femme qui doit mener de front un métier pour lequel elle ne semble pas mentalement compatible, mais qui l’est vraiment face aux horreurs de la nature humaine, et une vie de famille qui devient compliquée lorsqu’on vit sous le même toit que trois adolescents.

 

    Verdict : Spice Girl.

 

     La Rivière Noire, écrit par Arnaldur Indridason, publié aux éditions Métailié, publié en 2008 (2011 en France)