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     Avant de devenir un Rolling Stone, Mick Jagger a suivi des cours à la London School of Economics. Il faut croire qu’il a bien retenu ses leçons. Les Stones sont maintenant une grosse machine à pognon. Le mécanisme est désormais bien rodé. Tout est prétexte à envoyer dans les magasins de nouveaux produits. Après la tournée Steel Wheels/Urban Jungle, on a donc droit à l’album live Flashpoint, au film Stones at the Max filmé au format IMAX (diffusion exclusive dans les salles du type de la Géode), et puis ensuite une nouvelle compilation Jump Back. Les Stones exploitent le filon à fond et ne cesseront plus de le faire. Mais ce que le public ne sait pas encore c’est que Bill Wyman annonce à ses petits camarades à la fin de la tournée Steel Wheels son envie de raccrocher sa basse. Ça fait dix ans que l’idée lui traverse l’esprit mais le gigantisme de ce qu’est devenu le groupe l’a définitivement convaincu. Il accepte toutefois d’y réfléchir encore en privé mais au tout début de l’année 1993 c’est officiel : après trente ans de bons et loyaux services ce bon vieux Bill quitte le navire. Ron Wood prend du galon et devient alors un vrai membre du groupe à part égale avec Mick, Keith et Charlie. C’est d’ailleurs au flegmatique batteur que revient le choix du nouveau bassiste. Ce sera Darryl Jones, un américain qui avait sept mois lorsque les Stones ont donné leur premier concert. Sur son CV on trouve des collaborations avec Miles Davis, Clapton, Sting, Peter Gabriel ou encore Madonna. Toutefois comme Wood à l’époque, il n’est qu’un simple salarié du groupe et n’apparaît jamais sur les photos officielles ou promotionnelles du groupe. Les Stones repartent en tournée pendant un an après la sortie de Voodoo Lounge en 1994. Ils battent à nouveau tous les records, et embrasent les foules avec notamment You Got Me Rocking et tous leurs classiques.

 

 

 

     Lors de cette tournée Keith Richards a émis le souhait de retourner parfois dans des petites salles pour retrouver l’ambiance des débuts. C’est ainsi qu’en juillet 1995 les Stones jouent à l’Hippodrome de Longchamp devant 80 000 personnes puis deux jours après à l’Olympia pour 2000 privilégiés.  C’est d’ailleurs dans ces petites salles que sera enregistré en partie Stripped, mi album live, mi compilation avec de vieux morceaux réenregistrés, et surtout la cover de Like A Rolling Stone. Le clip est signé Michel Gondry et c’est à cette occasion qu’on découvre le bullet time, un effet visuel plus tard popularisé par Matrix. Toujours dans cette envie d’être à la pointe de l’innovation, les Stones sont également les premiers à diffuser un concert sur Internet en 1994. Pas de compilation dans les bacs cette fois-ci mais la publication du Rolling Stones Rock And Roll Circus, la captation audio d’une émission de télé tournée en 1969 mais qui n’avait jamais été diffusée. On retrouvait au programme les Stones bien sûr, mais aussi Jethro Tull, les Who, Marianne Faithfull et le super groupe Dirty Mac composé de Keith Richards, Eric Clapton, Mitch Mitchell (le batteur de Jimi Hendrix) et John Lennon. Que du beau linge.

 

    

 

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      Les Stones prennent très peu de vacances et se remettent très vite au travail. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. En 1997 on annonce la sortie de Bridges To Babylon, un album censé coller avec les tendances actuelles. Anybody Seen My Baby est le premier single tiré de l’album. Dans ce clip on voit déambuler en sous-vêtements sous un manteau de fourrure une actrice débutante aux formes généreuses. C’est Angelina Jolie.  Et le barnum se remet en branle pendant 18 mois partout sur la planète. Rebelote. Le Bridges to Babylons Tour est à nouveau un grand succès. La scène est encore une fois monstrueuse avec un écran géant circulaire au dessus des Stones et une passerelle de 50 mètres qui se déploie au dessus du public. La nouveauté c’est le choix d’une chanson tous les soirs par le vote des internautes avec annonce du résultat en plein concert. Pour la petite anecdote, les Stones coiffent Johnny au poteau et sont les premiers à allumer le feu au Stade de France, deux semaines après que les Bleus ait remporté la Coupe du Monde. On peut dire que les Stones ont du pif puisqu’en 2006, deux jours après la victoire de l’Italie, ils se produisent à Milan avec en guest stars quelques joueurs de la Squadra Azzura.

 

 

     2002 marque les quarante ans du groupe. Pas d’album pour l’occasion mais une compilation judicieusement appelé Forty Licks. Suivi d’une tournée mondiale de quinze mois et d’une compilation Forty Licks Live. Là encore les Stones alternent les stades, les grandes salles et les endroits un peu plus réduits. A Paris, en juillet 2003, ils restent trois soirs et jouent successivement à Bercy, puis au Stade de France et à l’Olympia.  Les Stones accueillent sur scène quelques invités de prestige. A Chicago c’est Bono qui vient chanter It’s Only Rock And Roll ou encore Angus et Malcom Young (AC/DC) qui accompagnent le groupe sur Rock Me Baby.  La tournée est perturbée à cause du SRAS, notamment en Asie et au Canada. Pour aider la ville de Toronto, particulièrement touchée au niveau économique par l’épidémie, les Stones donnent un concert devant presqu’un demi-million de spectateurs. Le 12 décembre 2003, Mick Jagger est anobli par le Prince Charles. Charlie Watts se gausse du fait qu'un homme ayant eu une vie si dissolue soit fait Chevalier, Keith Richards est furieux que son compère ait accepté cet honneur.  

 

 

     Les compilations et DVD s’accumulent dans les bacs, mais les fans sont en attente de nouveauté. Et comme Sœur Anne, ils ne voient rien venir. Et puis en 2005 A Bigger Bang débarque dans les bacs. Cet album sonne comme un retour aux sources avec des riffs et une sonorité un peu plus blues (notamment avec Back Of My Hand), mais pas de quoi crier au génie pour les fans et la critique. Depuis longtemps, 1981 selon certains, 1978 pour d’autres, et bien avant encore pour les fines bouches, les Stones n’étonnent plus personne, ne sont plus au niveau. Pourtant pour le Bigger Bang Tour, sponsorisé par American Express - mais ne trouvait-on pas Money (That’s What I Want) sur le premier EP des Stones ? c’est encore l’émeute au moment de s’arracher les billets. Cette tournée, qui rapportera plus de 550 millions de dollars restera surtout célèbre par l’accident dont Keith Richards fut la victime. Le guitariste des Stones, 63 ans au compteur, ne trouve rien de mieux à faire que de tomber d’un cocotier. Sans doute voulait-il vérifier qu’il était encore un Monkey Man. Il subira une opération au cerveau et les concerts purent reprendre deux mois plus tard. C’est également au cours de cette tournée que les Stones donnèrent un show gratuit sur la plage de Copacabana devant deux millions de Brésiliens.

 

 

    

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     Aujourd’hui les Stones ont 50 ans et officiellement rien n’est prévu pour célèbrer ce demi-siècle de sexe, de drogues et de rock and roll. Ron Wood a déclaré que le groupe s’était retrouvé en studio pour enregistrer un album avant d’être repris à l’ordre par Mick Jagger. Le démenti arriva dans la foulée. Alors on se contente du merchandising. Ressortent à intervalles réguliers des rééditions d’album légendaires avec quelques titres bonus pour justifier un nouvel achat, le site officiel propose même à la vente depuis peu les bootlegs les plus célèbres. Les Stones investissent les écrans de cinéma grâce à  Martin Scorcese dans Shine A Light,  on offre en pâture au public la sortie sur grand écran de concerts mythiques, lorsque les Stones étaient incontestablement the greatest rock and roll band in the world. Mick Jagger fait chanter le Président Obama sur Sweet Home Chicago lors d’un concert à la Maison Blanche. Keith Richards devient numéro 1 des ventes avec son autobiographie, Life. Ron Wood anime une excellente émission de radio et Charlie s’amuse avec son groupe de jazz. Des rumeurs font état d’une tournée en 2013 mais est ce vraiment nécessaire ? La semaine dernière, Mick Jagger annonce que le groupe se produira sur scène cet automne. Et si les Stones avaient la bonne idée de devenir un groupe de vieux bluesmen pour boucler la boucle ? Enfin moi c’est ce que j’aimerais, ou alors qu’ils s’arrêtent définitivement. Mais bon vous le savez aussi bien que moi, you can’t always get what you want. On termine cette rétro avec, selon moi, la meilleure chanson des Rolling Stones, et donc de l'Univers et de sa banlieue, Midnight Rambler, issue du bootleg Brussels Affairs.