Pott Spot-Che Guevara

 

La France s’embrase. Mélenchon lance ses troupes à l’assaut de la Bastille pour nous refaire un énième remake (raté) de 1789. Frigide Barjot se transforme en Don Quichotte pour sauver une conception religieuse du mariage qui a vécu. Le texte légalisant le mariage pour tous a été adopté par le Parlement, le Conseil Constitutionnel ne devrait pas invalider cette loi, ou alors ceux qui ont lancé cette procédure législative sont encore plus incompétents qu’on pouvait l’imaginer, et en matière de nullité il ne faut jurer de rien avec nos hommes politiques. Enfin, après une bataille de plusieurs mois, que ce soit à l’Assemblée Nationale ou dans la rue, bientôt on pourra se marier avec quelqu’un du même sexe. Je parle de genre et non de taille bien sûr. Bref toutes ces manifestations anti-mariage pour tous ne servent à rien. C’est d’ailleurs assez drôle que dans notre pays des Droits de l’Homme, dans notre pays si prompt à donner des leçons de démocraties, à se gargariser d’être un pays de décapiteurs de rois, on n’arrive pas à comprendre le principe de base de la démocratie. Au Royaume-Uni, cette monarchie qui nous fait tant rire avec ses vieilles baronnes fluo, ses nobles à perruques et ses traditions ridicules, voilà à peu près comment le mariage homo a été adopté. On a rassemblé les élus et on leur a posé la question suivante : Alors les gars, on en discute un peu et on vote ensuite ? Pour, pour, contre, pour, pour, contre et toi là bas ? Pour aussi. Ok on prend un papier, on additionne les voix et hop adopté. Vachement compliqué hein ? On va encore passer pour des cons aux yeux du monde entier, mais faut dire qu’on cherche.

Mais tout ça, ce n’est rien à côté de ce que j’ai décidé de décréter grande cause nationale 2013. Parce bon, ok, moi je veux bien que les femmes gagnent autant que les hommes à poste égal, je veux bien partager les tâches ménagères, je suis même pour qu’on autorise les femmes à passer le permis de conduire, mais il y a des limites à ma sympathie pour la gente féminine. Et qu’on ne me traite pas de phallocrate, je veux dire, ma propre mère était une femme, enfin je crois, alors hein bon. J’ai même poussé le vice à épouser deux femmes (pas en même temps faut pas déconner non plus), oui je sais à l’époque on n’avait pas le choix, et à faire trois filles. Les mauvaises langues vous diraient que je les ai gardées uniquement parce que mon congélateur n’était pas assez grand. C’est de la pure calomnie. D’autant plus que la Seine n’était jamais loin et qu’il existe des sacs poubelles de très bonne qualité pour… enfin bref je m’égare.

Depuis des décennies les femmes portent des revendications légitimes ayant pour but de faire avancer leurs droits. Petit à petit, des barrières tombent, mais il existe encore des valeurs sûres qui réunissent les femmes contre leur ennemi intime : l’Homo Cretinus Bourrinus. Pourtant cette récrimination ne date pas de la nuit des temps. Et c’est sans doute une des caractéristiques principale de la Femina Domestica : toujours trouver un truc nouveau pour nous emmerder. Avant 1595, aucun homme n’aurait eu à subir ce courroux dont nous sommes tous les victimes. Et pourtant cette affront permanent, cette guerre qui oppose les deux sexes depuis plus de 400 ans, c’est bien un homme qui en est le responsable. Messieurs, une bordée d’injures pour Sir John Harrington. Bouuuuuh ! Car ce diable d’Anglais, car évidement quand un truc ne va pas c’est souvent à cause d’un Anglais, ce diable d’Anglais donc est l’inventeur des toilettes avec chasse d’eau. Avant, on faisait ses besoins dans un pot de chambre et on balançait le tout dans un coin. Et ça, c’est quand on était propre, sinon on faisait dans un coin, à l’intérieur même de la bâtisse. Il est de notoriété publique qu’au temps de Louis XIV, tout le monde se soulageait n’importe où dans le Palais de Versailles. Non je n’ai pas dit dans les jardins, mais dans le Palais. Il faut dire que la démocratisation des toilettes modernes a mis un temps fou à se faire.

Et donc depuis des décennies, nous, les Homo Cretinus Bourrinus, on a tous entendu un jour « Mais bordel de merde tu fais chier, t’es vraiment qu’un gros porc, tu pourrais baisser la lunette non ? C’est trop te demander ça ? Tu ne me respectes pas ! ». Connard peut être ajouté, en tout cas il est toujours sous-entendu. Après cette triade virulente, d’ailleurs ni en rime, ni en alexandrins, il flotte dans l’air tel un nuage noir prêt à exploser sous l’effet de la foudre. Bon d’accord, il arrive souvent que l’Homo Cretinus Bourrinus ait quelques petits problèmes de visée, mais comme disait le grand philosophe Michel Platini, un centimètre d’écart au départ ça peut faire un mètre à l’arrivée. Oui forcément, Mesdames vous ne pouvez pas comprendre. Alors Ok, j’admets, et on en est tous conscients, il nous arrive parfois de rater la cible de quelques centimètres, comme disait un de mes meilleurs amis qui était sodomite. Mais baisser la lunette, je le dis haut et fort, nous ne céderons pas. Jamais.

Mais ce n’est pas pour vous enquiquiner, oh non pas du tout, c’est juste parce que nous sommes des adeptes de la parité homme-femme, de vrais gentlemen en quelque sorte. Mais ça, visiblement, la parité, c’est un peu quand ça vous arrange. Et puis c’est juste une question de bon sens. Elevons le débat si vous le voulez bien et prenons deux cobayes, que nous appellerons Jean-Jacques et Brigitte.  Jean-Jacques est un Homo Cretinus Bourrinus de base, et après quatre bières, ressent une envie pressante et va donc se soulager aux toilettes. Il soulève la lunette, parce qu’il en a marre de se faire engueuler par Brigitte pour trois malheureuses gouttes d’urine malencontreusement déposées sur la rondelle en plastique, d’autant plus que c’est un très bon antiseptique, m’enfin bref passons. Jean-Jacques fait sa petite affaire, tire la chasse d’eau et repart très fier de lui d’avoir tout mis dans la cible. Brigitte ayant fini sa vaisselle, décide à son tour d’aller pisser. Ulcérée, elle trouve la lunette levée, crie sur son partenaire, baisse la lunette et fait ce qu’elle a à faire. Ce qui fait un mouvement de lunette pour chacun de nos deux cobayes. Mouvement qui a l’air surhumain pour la Femina Domestica, puisqu’il provoque une montée d’adrénaline chez elle, la poussant quasiment à l’hystérie. Et il faudrait donc que ce pauvre Jean-Jacques, et à travers lui tous les Homo Cretinus Bourrinus, accomplissent deux fois ce geste à chaque fois qu’il faut faire pleurer le Colosse ? Allons Mesdames ce n’est pas très juste, pas très équitable et égalitaire. Cette démonstration scientifique prouve par A + B que si nous ne rebaissons pas la lunette des toilettes, c’est juste pour vous aider dans votre juste et noble combat devant nous amener un jour à l’égalité entre les Hommes et les Femmes.

Et puis bon, on nous a toujours appris que les Femmes étaient des Princesses qui ne faisaient ni pipi ni caca. Si vous avez besoin d’aller aux toilettes c’est que vous n’êtes pas une Princesse, donc vous pouvez bien baisser cette putain de lunette toute seule ! Donc 2013 doit immédiatement être décrétée par l’ONU Année Internationale du Non-Baissage de la Lunette des Toilettes et de l’Arrêt Immédiat des Récriminations Faîtes aux Hommes. Pour défendre nos droits, j’organise une manifestation qui partira de Cambronne pour rejoindre Javel le mercredi 8 mai. Venez nombreux !

Ouais, enfin moi, je dis ça, mais à la maison, je pisse assis.