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     Avant de chroniquer La Muraille de Lave, je dois vous avouer que ma sénilité se développe à grand pas. Ce qui enlèvera sans doute beaucoup de crédit à ce qui va suivre. Alors voilà, ce n’est qu’après avoir terminé de lire ce roman d’Arnaldur Indridason, que je me suis rendu compte que je l’avais emprunté à la bibliothèque alors que je l’avais acheté quelques semaines plus tôt. Non je ne l’avais pas déjà lu, faut pas déconner non plus. Sénile certes mais pas (encore tout à fait) Alzheimer.

     Le commissaire Erlendur, héros habituel d’Indridason, est en vacances. Ses acolytes Elinborg et Sigundur Oli sont chacun de leur côté occupés sur une enquête. La Rivière Noire narrait la façon dont Elinborg s’attachait à retrouver un meurtrier. Vous l’avez deviné, ici c’est Sigundur Oli qui est au cœur de l’intrigue. Cette fois pas de cadavre dès le départ. Sigundur Oli est contacté par un ami dont la belle sœur a des soucis. Alors qu’elle devient de plus en plus influente sur le plan politique, son couple est soumis à deux maitres chanteurs croisés lors d’une soirée échangiste. Sigundur doit aller raisonner les indélicats, mais au moment même où il leur rend visite une femme est tué dans l’appartement. Parallèlement à ce meurtre, un certain Andrès, croisé dans une aventure précédente se fait vengeance et cherche à soulager sa conscience auprès du collègue d’Erlendur.

     Situation pas simple pour Sigundur Oli qui se retrouve en plein cœur d’une affaire à laquelle des amis sont peut-être mêlés, dans le même temps il s’interroge sur la nature de la relation (terminée) entre ses parents, alors que lui-même tente de recoller les morceaux avec Bergtora. Sans l’avoir présagé une seconde, Sigundur va devoir serpenter dans le milieu de la finance islandaise, alors en pleine hystérie. Quand on sait ce qui est réellement arrivé à l’économie Islandaise, les banques se sont écroulées avant d’être nationalisées, le pays tout entier a failli être déclaré en faillite totale, on ne s’étonne pas qu’Indridason se soit servi de La Muraille de Lave pour livrer un pamphlet contre ceux qui ont conduit ce petit pays à la banqueroute.

    Comme d’habitude avec les polars d’Indridason la psychologie est plus importante que l’action en elle-même, bien que moins flagrante que lorsqu’Erlendur est dans le coin. On ne peut que saluer la très bonne idée d’Indridason de laisser souffler son héros pour mettre dans la lumière ses deux collègues, aux caractères très différents. Et comme d’habitude, je vous conseille de vous jeter sur ce roman. Vérifiez quand même avant d’aller l’acheter, que vous ne l’avez pas déjà.

 

     Verdict : Argent trop cher.

 

      La Muraille de Lave, écrit par Arnaldur Indridason, publié chez Métailié, sorti en 2009 (en 2012 en France)