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Antoine De Caunes n’est plus un enfant (du Rock) depuis très longtemps, on peut même considérer que ce double « fils de » et triple « père de » pourrait bientôt prétendre à la carte Vermeil, néanmoins en dévorant ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock, je n’ai jamais eu le sentiment de lire le témoignage d’un vieux con. Bien que l’auteur eut le sentiment de porter ce costume à (sans doute plus d’) une reprise dans sa vie. Mais passé un certain âge, disons quand votre progéniture n’a plus besoin de vous pour se laver et se torcher le cul, on devient tous le vieux con de quelqu’un. Et pour d’autre, ça arrive même avant d’avoir dépassé l’âge de la majorité. Mais revenons à ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock. Il y a tromperie sur la marchandise ! Enfin, seulement à moitié. En effet cet ouvrage commis par l’interprète inoubliable de Didier Lembrouille, n’est ni petit, on frôle les 600 pages, ni vraiment un dictionnaire, par exemple il n’y a aucune occurrence à la lettre F, alors que bon, Fleetwood Mac, Frankie Goes To Hollywood, Foo Fighters, Frankie Vincent… Par contre pour le côté amoureux et rock, aucun souci, on est en plein dedans.

Monsieur Antoine est entré en religion il y a bientôt un demi-siècle en assistant à un concert des Beatles à l’Olympia. Nul n’est parfait. Il a vu la lumière et a parcouru le monde, avec un bonheur non dissimulé et quelques apôtres tout ce qu’il y a de plus recommandables, pour assouvir une passion beaucoup plus agréable que celle du Christ, qui avec son « Aimez vous les uns les autres » a inspiré le « Let Love Rule »  de Lenny Kravitz, soyons en certains. Bon vous me direz Lenny a été inspiré par à peu près tout le monde. Mais ne jetons pas la pierre sur ce brave Lenny. Après une brève carrière de batteur, motivé mais raté (et vice-versa), puis de voleur de disques, je parle d’Antoine De Caunes, pas de Lenny Kravitz, voilà que notre homme est entré dans le monde de la presse rock (sous tous ses formats). Plus besoin de planquer les trésors de l’époque sous un large pull, voilà maintenant qu’on les lui donnait avec plaisir, et en plus on le payait pour organiser des concerts télévisés et interviewer ses héros. Bien plus qu’un dictionnaire comme je l’évoquais plus haut, c’est plutôt un recueil de souvenirs de la longue et fructueuse carrière d’Antoine De Caunes que ce livre rassemble. Si d’après l’auteur la sainte Trinité est composée de Dylan, Lennon et Bruce, il n’est pas toujours question d’artistes immensément connus. Parfois même, des chapitres ont pour héros son beau-frère, un biker spécialiste dans l’art de la mandale ou du coup de boule en toute décontraction, et bien sûr sa pomme, et pas que dans les meilleures circonstances.

Ne cherchez pas dans ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock de quoi accroître votre culture musicale, même si, je l’avoue humblement, il y a dans le lot pas mal de gens cités dans ce livre dont j’ignorais (et ignore encore) totalement l’œuvre, voire même leur existence avant d’avaler ces 600 pages de pur allégresse rock and roll. Non, l’objectif de Monsieur Antoine était de nous faire partager son bonheur d’avoir épousé la cause du Rock and Roll au milieu des années 60, et de nous faire entrer un peu plus près, en plein dans les coulisses de ce qui est devenu plus du business qu’un show, ne nous voilons pas la face. De plus Antoine De Caunes réussit la performance, digne du plus grand des équilibristes, d’évoquer toutes ces idoles, ces icônes de la culture rock sans tomber dans l’admiration béate. Tout le monde a ses coups de moins bien, et personne ne peut éternellement être et avoir été. A part Bruce bien entendu.

L’été n’est pas encore terminé, et je ne saurais que trop vous recommander de vous jeter sur ce Petit Dictionnaire Amoureux du Rock, de vous installer dans un transat, vous préparer quelques litres de votre boisson favorite, et de lancer votre play-list préférée pour passer de joyeuses et délicieuses après-midi tout ce qu’il y a de plus enamourées et rock and roll.

 

Verdict : Houba Houba !

 

Petit Dictionnaire Amoureux Du Rock, écrit par Antoine De Caunes, éditions Pocket (version condensée de l’originale publiée chez Plon en 2010), sorti en juin 2013